Préalable

Il est difficile de traiter de l’emploi et plus particulièrement de la création d’emploi sans précédemment évoquer la situation nationale et les freins issus des politiques actuellement mises en œuvre par le gouvernement.

L’exercice, dans un deuxième temps, est de recenser des actions favorisant l’emploi et la création d’emploi au niveau de la ville de Grenoble. La question de l’emploi et du développement économique n’est pas identifiée à l’origine comme un axe majeur de la politique de la ville qui est plutôt centrée sur l’aménagement urbain et les actions sociales et de sécurité.

Toutefois la situation de Grenoble est préoccupante. Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes ( septembre 2018) note que Grenoble compte un  “taux de chômage de 15,7 % contre 11,6 % dans l’Isère et 15 % de la population déjà dans les quartiers prioritaires.”

La paupérisation générale de la ville, les centaines de pertes d’emplois dans le commerce et les services du fait des plans de circulation, , la perte générale d’attractivité ont bien des conséquences dans l’évolution négative de la ville.

Mais dans ce préambule nous souhaitions pointer sommairement les outils qui pourraient être déployé au niveau national pour lutter contre le chômage de masse. De telles décisions auraient naturellement des répercussions sur l’emploi local.

Faire appel plus systématiquement au chômage partiel.

Ce dispositif permet aux entreprises de surmonter un aléa en réduisant les heures payées à leurs salariés qui perçoivent une compensation financière. Ce dispositif est moins onéreux que l’indemnisation chômage et évite aux demandeurs d’emploi de s’installer dans la précarité.

Créer de nouvelles industries et de nouveaux emplois.

Bien sûr des emplois sont détruits, par des machines « tueuses de bras », des robots toujours plus performants, mais d’autres sont créés, rendus indispensables par l’arrivée de ces nouvelles machines. L’innovation, au cœur de ce mécanisme, trouve son origine dans la recherche et le développement des entreprises et dans les investissements de l’Etat en matière de recherche, d’éducation ou de formation. Or, en France, ces deux acteurs font moins bien que leurs concurrents directs, notamment américains et allemands.

Ces dernières années la France a perdu sur les deux tableaux : elle ne construit plus de grandes politiques industrielles tel le Nucléaire en son temps, l’aéronautique plus récemment et elle pénalise les PME par un surcroit de charges et de complexité administrative. Résultat ses grands groupes fleurons à l’international (travaux publics, environnement, pétrole, communication, mode…) sont affaiblis et n’ont plus aucun intérêt à demeurer Français et nos petites entreprises n’ont pas les moyens de devenir moyenne pour constituer un tissu industriel qui fait la force d’un pays comme la RFA.

Quelques données chiffrées

1- Taux de chômage de la population âgée de moins de 25 ans dans l’Union européenne.

En juillet 2018, 14,8% des jeunes Européens (hors étudiants) étaient sans emploi dans l’Union Européenne. Les taux de chômage des moins de 25 ans demeurent élevés.
Les différences entre les États sont très importantes. Les taux les plus faibles en Septembre 2018 ont été observés en République tchèque et en Allemagne (6,3% chacune) ainsi qu’aux Pays-Bas (7,5%), tandis que les plus élevés ont été enregistrés en Grèce (37,9%), en Espagne (34,3%) et en Italie (31,6%). En France le taux est de 21,7% soit 3,5 fois plus qu’en Allemagne !

2- Evolution du nombre de demandeurs d’emploi en France.

 

 

 

 

 

 

Source : Pôle emploi -Dares, STMT, Données CVS-CJO.

3- Evolution du taux de chômage régionale 2014/2015 par région.

Taux de chômage localisés au 2ᵉ trimestre 2018 : comparaisons régionales
Données CVS, en moyenne trimestrielle (en %)
Régions                                   2ᵉ trim. 2018   2ᵉ trim. 2017
Auvergne-Rhône-Alpes                 7,7                  8,1
Bourgogne-Franche-Comté           7,7                   8,3
Bretagne                                         7,5                  7,9
Centre-Val de Loire                        8,4                   8,8
Corse                                              9,3                   9,9
Grand Est                                       8,6                   9,3
Hauts-de-France                          11,3                  11,7
Île-de-France                                 7,9                    8,1
Normandie                                    9,0                    9,4
Nouvelle-Aquitaine                       8,4                    8,8
Occitanie                                      10,6                 11,0
Pays de la Loire                             7,4                    7,8
Provence-Alpes-Côte d’Azur      10,6                  10,8
France métropolitaine                 8,7                   9,1

• Source : Insee, taux de chômage localisés et taux de chômage au sens du BIT

4- Situation sur Grenoble

En un an (sur la période août 2014­ août 2015) + 11, 5% d’augmentation de chômage dans l’agglomération grenobloise, contre 6,7% de moyenne au niveau national.

La zone d’emplois du bassin grenoblois est classée 71ème sur les 321 zones d’emploi analysées par son taux de chômage qui est, sur la base des derniers chiffres officiels, de 8.00% pour le 2ème trimestre 2018. Le classement de la ville a évolué de 17 places sur trois années (54ème en 2013 contre 71ème en 2016 – Source Insee et DARES)

Taux chômage dans la commune de Grenoble en 2016: 15,6% contre 11% pour la moyenne nationale.

Etat des lieux au niveau national

1- Inefficacité des contrats aidés.

Les “contrats aidés” font partie des dispositifs de lutte contre le chômage qui ont été le plus étudiés et évalués dans de très nombreux pays. Le verdict est sans appel : les contrats aidés dans le secteur non augmentent marchand n’aident pas à retrouver un emploi stable. Ils augmentent la dépense publique qui pèse sur les entreprises privées. En revanche, ils ont la vertu de faire baisser rapidement les statistiques du chômage! Les contrats aidés devraient être réservés à des publics très ciblés ayant de grandes difficultés d’insertion et les sommes dégagées devraient être réorientées vers l’apprentissage qui est un dispositif ayant fait ses preuves dans l’accès à l’emploi.

Les raisons de l’échec des « contrats aidés » sont nombreuses: les qualifications acquises sont faibles et ne correspondent pas aux attentes du marché du travail, les jeunes cessent leur recherche active d’emploi ou de formation ambitieuse, et le secteur associatif ou public ne maintien en poste ces nouvelles recrues que le temps de la subvention.

2- Inefficacité de la réduction du temps de travail pour créer des emplois.

Ce sujet a fait l’objet d’évaluations relativement précises dans les pays qui ont réduit la durée légale du travail. La conclusion ne souffre d’aucune ambiguïté: en soi, la réduction du temps de travail ne crée pas d’emplois. La variable clef est le coût du travail. Par exemple, “35 heures payées 39” a comme effet d’augmenter le coût du travail, ce qui n’a pas favoriser la création d’emplois. C’est pourquoi les lois Aubry prévoyaient parallèlement un abaissement important des charges sociales qui n’a hélas pas été mis en place par les gouvernements successifs. Le résultat est que le coût horaire du travail en France (36,20€) est le plus élevé de l’EU. De plus avec une moyenne de 1559 heures travaillées par an, la France est derrière la majeure partie des pays de l’UE avec une moyenne 1979 hr/an. (source Eurostat et Insee)

 

3- Gâchis: 32 milliards d’euros par an pour la formation professionnelle.

Ce gâchis est régulièrement dénoncé dans les différents rapports sur ce sujet. La formation professionnelle devrait être orientée vers les métiers en tension, l’évolution des métiers ou les métiers à venir. Cette prospectif avec les professionnels de l’emploi et les différentes branches professionnelles n’est pas réalisé. La formation professionnelle représente un énorme fromage pour les partenaires sociaux et les prestataires de formation, qui sont parfois liés d’ailleurs. Le drame est que l’efficacité de ces prestataires est la plupart du temps douteuse et que l’argent ne va pas vers ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les jeunes chômeurs peu ou pas qualifiés. Il devrait exister une évaluation sérieuse des organismes de formation (qualité de la prestation, taux de reclassement, etc…) et un processus de labellisation permettant d’identifier les meilleurs organismes.

Dans le cadre d’une prospective à moyen ou long terme, il faudrait engager une réflexion sur la suppression du financement obligatoire de la formation professionnelle, laissant ainsi les branches professionnelles s’organiser en fonction des besoins. Ce serait une charge de moins pour les entreprises.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail d’Emmanuel, Macron, a annoncé le 5 mars 2018 le contenu de la réforme, qui s’appuie « largement » sur l’accord conclu le 22 février par les syndicats et le patronat. Un texte âprement négocié pendant trois mois. La réforme a été débattue au Parlement dans le cadre du projet de loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». Elle a été adoptée à l’été 2018 mais toujours pas en application !

sur Twitter
Ministère du Travail
✔ @Minist_Travail
La Réforme de la Formation professionnelle permettra d’édifier une société de compétences. La compétence est la clé d’une intégration sociale et professionnelle réussie. Elle est aussi la clé de l’emploi durable.
11:19 – 5 mars 2018

Ce volet formation professionnelle de la loi amplifie plus qu’il ne révolutionne l’existant. Avec deux marqueurs idéologiques forts : individualisation et libéralisation. La preuve avec le compte personnel de formation (le CPF). Créé en 2014, il sera désormais crédité en espèces sonnantes et trébuchantes – à hauteur de 500 euros (800€ pour les non qualifiés) et non plus 24 heures par an. Autre changement majeur, le CPF sera utilisable sans intermédiaire. Muriel Pénicaud promet une « super » application mobile pour identifier une formation, ses taux de succès, ses débouchés, s’inscrire et payer en ligne ! A suivre….

4- L’assistanat chronique et renforcé bloque la reprise de travail.

Cela est le résultat d’un amoncellement de dispositifs qui, cumulés, incitent peu à reprendre un emploi. L’idéal serait de ne conserver qu’un seul dispositif, le revenu de solidarité active (RSA), dont la philosophie générale est véritablement incitative puisqu’elle assure de toujours gagner plus en travaillant qu’en vivant des revenus de l’assistanat.

La France possède le système d’assurance-chômage le plus protecteur au monde et elle est l’un des pays au plus fort de taux de chômage.

Paradoxalement, c’est en période de chômage de masse qu’il faut réformer le système d’assurance-chômage, non pas pour le rendre moins “généreux”, mais pour le rendre plus efficace en termes de retour vers l’emploi. Comme dans tout système assurantiel, les bénéficiaires ont des droits et des devoirs. Ils ont le droit à un accompagnement efficace dans leurs actions de recherche d’emploi – ce qui n’est pas vraiment le cas à l’heure actuelle -, et ils ont le devoir d’entreprendre les démarches qui leur sont demandées ou de se former sous peine d’être sanctionnés- ce qui n’arrive pratiquement jamais.

5- L’emploi des jeunes  1 jeune sur 4 au chômage (contre 1 personne sur 10 pour l’ensemble de la population active).

Des solutions existent pour lutter contre ce fléau et faire baisser le chômage des jeunes comme l’ont montré de nombreux pays voisins, à commencer par l’Allemagne qui compte 6,5% de ses jeunes au chômage.

On le sait, l’apprentissage est l’une des pistes les plus fécondes pour favoriser l’accès à l’emploi des jeunes à qui il apporte un métier, des compétences et un savoir-être dans l’entreprise. Il est aussi un véritable outil de recrutement et de compétitivité pour les entreprises.

L’Allemagne, qui compte trois fois plus d’apprentis que la France, a su mettre en place un système de formation et d’insertion des jeunes dans l’emploi qui a fait ses preuves, même dans les périodes de fort chômage.

En France, le taux de chômage varie pourtant du simple au double selon que le bac professionnel ait été obtenu en apprentissage (22,9%) ou par voie scolaire (44,4%). Ce taux est également inférieur de 25% lorsque le CAP ou le BEP est obtenu en apprentissage.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors même qu’il constitue un levier reconnu pour lutter contre le chômage des jeunes, l’apprentissage ne cesse de reculer en France: ainsi, le nombre d’entrées en apprentissage a baissé de 8% en 2013 et de 3,2% en 2014 et à peine 16% des bacheliers de l’enseignement professionnel obtiennent leur diplôme par la voie de l’apprentissage.

En Suisse, la formation professionnelle reste aujourd’hui encore la voie de formation post-obligatoire privilégiée. À l’intérieur de cette filière, près de 80 % des jeunes optent pour la formation professionnelle duale (Alternance + Formation professionnelle scolaire). Dans ce système dit dual, la formation professionnelle est étroitement liée au marché de l’emploi, puisque d’une part, les lieux de formation sont en grande partie des entreprises soumises aux impératifs de rentabilité et de productivité et, d’autre part, les personnes issues d’une telle formation doivent pouvoir être immédiatement « employables » sur le marché du travail.

L’Education Nationale et les décideurs doivent revaloriser les métiers manuels (peintre, plâtrier, électricien, etc…).

6- L’emploi des séniors

On peut identifier 3 leviers prioritaires pour favoriser l’emploi des seniors:

  • Rendre la retraite progressive plus attractive. Les plus de 60 ans représente une richesse de production énorme.
  • Lutter contre la discrimination liée à l’âge.
  • Inscrire les besoins des seniors dans la réforme de la formation professionnelle.
  • Une municipalité peut initier une démarche par la réalisation de formation avec l’aide de bénévole pour que ces personnes découvrent par exemple l’informatique. Cette démarche couterait à la mairie le prêt d’une salle et en ce qui concerne le matériel, il serait demandé aux personnes venant d’apporter un ordinateur Mettre en avant la constitution de réseaux de relations et donc aider ses séniors à créer des pages sur LinkedIn ou Viadeo et également expliquer les sites de dépôt de CV tel que Monster, etc…

Propositions pour sauvegarder et créer des emplois sur Grenoble

La ville a un rôle clé à jouer dans le développement économique et la compétitivité.

1- Le maire doit se transformer en véritable VRP pour inciter les entreprises à s’installer dans sa ville.

Un homme public  doit être aussi un entrepreneur. Le Maire doit valoriser l’image de sa ville et mettre en avant ses atouts. Il doit faciliter l’implantation des entreprises par la recherche de locaux adaptés à leur activité, en lien avec les principaux commercialisateurs présents sur notre territoire.

Grenoble a la chance de bénéficier de la présence d’opérateurs industriels (STmicroelectronics, HP, Schneider, Becton, Caterpillar, Cap Gémini …) et de centres de recherches internationaux (plusieurs pôles technologiques).

Les dernières grandes implantations datent des années Carignon: le Synchrotron et ST Micro alors que le Maire de Grenoble jouait des synergies locales, nationales et internationales pour décrocher ces fleurons qui font la richesse de la ville.

Alain Carignon propose de reprendre avec ces grands opérateurs la veille  des implantations potentielles, publiques ou privées avec une réactivité opérationnelle au niveau des potentialités.

En parallèle il propose la création du ”Grand Grenoble” avec le Voironnais afin qu’en terme de territoire et de surfaces disponibles nous soyons facilement identifiables et en capacité de répondre.

Mais bien entendu le Maire est aussi un agent de développement auprès des opérateurs nationaux susceptibles de tenir des congrès à Grenoble.

Le tourisme et les congrès sont extrêmement positifs pour le commerce. Le commerce et le tourisme entretiennent en effet des liens étroits de par leur interdépendance: le dynamisme touristique d’une ville est ainsi souvent alimenté par son patrimoine commercial (spécialités locales, grands magasins, marchés couverts…), et à l’inverse, le tourisme nourrit l’activité commerciale par son émulation naturelle.

Grenoble a beaucoup reculé dans ce domaine comme dans celui des grands congrès. L’obsolescence de ses outils en fait une ville à la traine. Pourtant ses atouts sont nombreux au plan industriel, culturel et même de son patrimoine.

La municipalité doit renouer avec la recherche des congrès en s’appuyant systématiquement sur les acteurs locaux en capacité de faire venir un congrès à Grenoble.Avec la vente d’Alpexpo à un opérateur international de congrès , ceux -ci devraient être fortement boostés.

Au plan touristique Grenoble doit mettre en valeur son environnement montagnard exceptionnel. Il faut aussi imaginer des produits culturels permettant d’attirer des visiteurs ce qui sous-tend de renforcer les expositions du Musée de Peinture, de mettre en valeur les fouilles de Notre Dame et de s’appuyer sur le Musée dauphinois, la programmation de MC2 et les congrès – salons à Alpexpo. Congrès et salons qui se sont raréfiés sous les mandats de M. Destot et qui ne sont pas  d’actualité avec la municipalité actuelle.

La municipalité doit accompagner personnellement les prétendants à l’installation en leur facilitant les démarches, en ouvrant les portes des décideurs et en étant présente dans tout le parcours de l’installation. Les élus doivent s’impliquer pour créer des synergies entre les organismes existants, être disponibles pour les investisseurs potentiels.

2- La ville doit identifier, évaluer et agir sur les principaux obstacles à l’installation des entreprise.

L’installation d’entreprises et de commerçants repose globalement sur trois principaux critères:

  • Accessibilité: le réseau routier et ferroviaire, les difficultés de stationnement, les embouteillages, les transports publics, la proximité d’un aéroport, etc…
  • L’image: le rayonnement de la ville, de son agglomération et du département, la sécurité, la propreté, etc…
  • Les coûts: les prix de l’immobilier, le montant des taxes foncières, l’existence de subventions, l’existence de taxe spécifiques, frais liés aux transports, etc…

Sur ces 3 critères Grenoble a régressé considérablement , la municipalité réussissant même à créer un effet répulsif qui est inquiétant pour les entreprises en place qui pourraient être tentées de se délocaliser

3- Comprendre les besoins des employeurs et l’état du marché du travail.

La ville, en partenariat avec les professionnels de l’emploi et les 2 Chambres Consulaires, peut actionner et mettre en synergie les outils qui anticipent les besoins en compétences afin de comprendre et de prévoir les besoins des employeurs. Il s’agit de connaitre les tendances du développement économique concernant la demande d’emploi et l’offre. Ces informations influent sur une approche structurée pour adapter et utiliser la formation (Département + Région) et mettre ainsi en adéquation la formation et les compétences avec les demandes des employeurs. C’est une étape essentielle dans toute stratégie urbaine.

4- Limiter et/ou Empêcher les délocalisations.

La municipalité doit anticiper et agir rapidement pour préserver l’emploi car avant même de tenter de créer des emplois, il faut avant tout sauvegarder ceux déjà existants. La municipalité doit s’impliquer auprès des entreprises grenobloises qui présentent des difficultés, souvent conjoncturelles par manque d’expérience, ou de capacité de gestion et de planification, et celles qui planifient une délocalisation à court ou moyen terme.

Il faut écouter ces entrepreneurs pour connaître les raisons de leurs difficultés et de leur souhait de délocaliser. Ensuite avec l’aide de spécialistes, il faut déterminer comment leur venir en aide en cas de difficultés et leur faire changer d’avis en cas de projet de délocalisation afin de sauver des emplois existants. Sauver un emploi existant coûte bien moins cher que d’en créer un nouveau car lors d’un licenciement l’employeur, mais aussi l’Etat, ont à leur charge les frais de licenciement et d’indemnisation du chômage sur une durée plus ou moins longue.

5– Défendre le commerce de proximité et le commerce du centre-ville

(se reporter à la rubrique “Commerce Urbain” où le sujet y est traité)

6- Aider les entreprises (TPE-PME) à se financer.

Il s’agit d’obtenir des organisations professionnelles et consulaires qu’elles mettent en place un service compétent, rapide, efficace et volontaire pour aider les chefs d’entreprises à définir leurs vrais besoins pour leurs trésoreries et leurs investissements à court, moyen et long termes. Il faut les assister pour qu’ils formulent leurs demandes de financement et les introduire auprès d’organisme financiers.

7- Aider les entreprises (TPE & PME) à trouver des locaux pour y installer leurs outils de production.

Il faut réorienter et organiser les recherches et inventaires de terrains, locaux, bureaux. Les TPE et PME devrait avoir accès à toutes les potentialités en temps réel. Les promoteurs immobiliers privés devraient être associés afin de disposer d’un outil complet et performant.

Un service de recherche et sélection de terrains, de locaux industriels et de bureaux devrait faciliter les démarches des TPE et PME. Puisqu’il existe déjà des structures qui s’occupent de terrains et de bâtiments/locaux industriels, il suffirait de réorienter ces dernières vers l’emploi. Leur rôle d’intervenant dans les rachats de terrains et bâtis devrait être réduit à sa plus simple expression. Les promoteurs immobiliers privés sont là pour remplir cette mission. Une banque de données pourrait être mise en ligne en collaboration avec les 2 Chambres Consulaires et les Syndicats de l’Immobilier. Les entreprises et commerçants désireux d’optimiser leurs coûts d’installation pourraient alors s’en servir et se faire conseiller par une structure dédiée au développement et maintien de l’emploi.

8- Favoriser l’accès aux travaux communaux courants par les TPE & PME en préparant des dossiers techniques & administratifs ainsi que les appels d’offres d’une manière simple et accessible.

En effet trop de TPE sont dirigées par des artisans, anciens ouvriers, qui n’ont pas suffisamment acquis les connaissances requises pour bien comprendre un dossier technique bien qu’ils sont techniquement capables de réaliser les travaux objet de l’appel d’offre. Bien entendu il faudra profiter de ces occasions pour conseiller à ces artisans de se former en faisant des stages de perfectionnement.

De même il faudra comme le prévoit le gouvernement actuel, diminuer les contraintes administratives et supprimer des obligations de normes qui font que certains appels d’offres ne trouvent pas de candidats.

Nombreuses sont les entreprises qui refusent de répondre à des appels d’offres de fournitures de services, travaux ou approvisionnement tant les règles qu’ils doivent respecter sans nombreuses, complexes et contraignantes.

9- Les villes peuvent tirer profit de leur capacité d’acheteur public pour créer des emplois destinés à la population locale.

Dans le cadre des appels d’offre, intégrer un critère: entreprise Grenobloise ou de l’agglomération grenobloise.

La législation européenne relative aux marchés publics permet aux autorités locales d’inclure certaine clauses sociales dans leurs procédures de passation de marché ou d’appel d’offre, sachant qu’elles n’ont pas le droit de faire de la discrimination géographique. On peut par exemple réfléchir à l’intégration d’une clause dans la législation locale sur les marchés publics, qui favorise les entreprises s’engageant à embaucher des personnes bénéficiaires d’allocations RSA, etc… Cette clause peut permettre d’aider les personnes les plus éloignées du marché du travail d’accéder à l’emploi.

Il faut a-minima, s’assurer de l‘ouverture des marchés publics aux PME locales qui s’engagent par exemple à employer un certain nombre de salariés au niveau local.

10- Favoriser l’apprentissage et l’alternance: un vaccin contre le chômage des jeunes !

Pourquoi ne parvient-on pas à faire décoller l’apprentissage en France, malgré des moyens financiers considérables. Pire, le nombre d’apprentis est en nette diminution. A la rentrée 2014, ils étaient 46.000 de moins qu’en 2012. Une des raisons de cet échec est l’obsession française pour les diplômes. Les vertus, tant en matière d’insertion qu’en termes de satisfaction des besoins des entreprises en main d’œuvre ne font aucun doute.

La ville doit réfléchir à son implication pour relancer l’apprentissage et au-delà les contrats de professionnalisation sur les axes suivants:

  • Développer le rôle de la ville en matière de gouvernance avec la Région.
  • Inciter et accompagner, avec la CCI et la CM, les entreprises à recruter en alternance. Faciliter l’engagement des entreprises en faveur de l’apprentissage.
  • Faciliter l’accès des jeunes à l’apprentissage
  • Participer à l’allégement (par un accompagnement par exemple) de certaines contraintes juridiques et administratives qui pèsent sur les entreprises.
  • Dynamiser les négociations sociales des branches professionnelles sur l’apprentissage, en partenariat avec la CCI et la CM.

11- Créer des passerelles entre écoles, établissement de formation et employeurs.

Il s’agit de développer un rôle stratégique dans la médiation entre les besoins des citoyens, les écoles, les organismes de formation et les employeurs. Les avantages pour les enfants et leurs perspectives sont évidents. Pour les entreprises, cela peut être une excellente manière de recruter de nouveaux apprentis et de les tester (vérifier l’adéquation profil/missions).

12- Proposer un grenelle de l’emploi.

Il s’agit de réunir le service public de l’emploi, les branches professionnelles, les entreprises, les professionnels de la formation (Département, Région, etc…), l’ensemble des acteurs concernés pour réaliser un état des lieux et décider d’un plan d’action précis. L’objectif majeur pourrait être l’optimisation de la médiation entre l’offre et la demande d’emploi. Ce Grenelle peut également organiser annuellement un ‘’salon de l’emploi’’ visant à mettre en place un réseau de DRH des grandes entreprises privées et publiques de Grenoble et de son agglomération.

13- Favoriser l’entreprenariat.

En partenariat avec l’Ecole de Commerce de Grenoble GEM, l’IDRAC (voire d’autres écoles) déployer l’enseignement de l’entrepreneuriat et le développement de l’attitude entrepreneuriale. On peut imaginer un programme de participation des employeurs à cet apprentissage.

14- Création d’un Club “Ville et entreprises” et adopter une démarche de “co-working”.

La mairie peut proposer un espace de dialogue privilégié et de travail pour renforcer le lien avec les acteurs du tissu économique grenoblois et leur permettre de se rencontrer. C’est l’invitation lancée par la ville aux entreprises présentes sur son territoire. L’adhésion au “Club Ville-Entreprises” pourrait être proposée à tous les établissements et entreprises de la ville.

Adopter une démarche de “co-working” qui permet au TPE de partager des compétences et de ne plus être seul, meilleur motivation des entrepreneurs, un esprit de groupe est présent même si les sociétés sont distinctes. Cela permet de lancer une activité à moindre frais et investissement, une énorme flexibilité dans les espaces de bureaux.

15- Création d’un salon des objets connectés.

Dans les prochaines années le boom technologique sera concentré sur les objets connectés.

  • En 2011 seulement 8% des personnes qui avaient été interrogées en voulait.
  • En 2015, 33% des personnes souhaitent en acquérir plusieurs.
  • Marché mondiale estimé à 900 milliards de dollars à l’horizon 2020

Pour faire et montrer que Grenoble est au top dans ce domaine, la municipalité peut favoriser l’organisation d’un Salon des objets connectés. Pour le moment, en France, seulement deux villes (Paris et Lyon) ont mis en place un salon sur les objets connectés et à Angers, 15 millions ont été débloqués pour construire la cité des objets connectés.

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