Le commerce grenoblois: un enjeu primordial pour la vie urbaine

« La rue est le cordon ombilical qui relie l’individu à la société » (Victor Hugo)

Le commerce de proximité, au-delà de sa seule activité marchande, apporte du lien social dans une société en perte de repères. Le commerce de proximité, c’est le contact humain avant tout. Outre son rôle social, il participe aussi à l’aménagement du territoire, à la qualité du cadre de vie, à la sécurité des rues par une présence humaine et l’éclairage des vitrines. Il est un vecteur très important d’emplois.

Avant toute chose, les autorités, et le maire principalement, doivent veiller à l’image du territoire. Ils doivent la valoriser en permanence pour le rendre plus attractif économiquement. Pour créer une dynamique favorable aux commerces, l’aménagement doit notamment être pensé autour d’une mixité des différentes fonctions de la ville, à travers un équilibre entre les logements, les services publics et les activités économiques.

La situation du commerce Grenoblois s’est beaucoup dégradée depuis plusieurs années, avant même l’arrivée de la municipalité Piolle. Le blocage de tout investissement sur les voies de contournement depuis 22 ans a créé un retard considérable pour l’agglomération Grenobloise : l’accès voiture est de plus en plus difficile, les bouchons de plus en plus nombreux et les études de l’INRIX publiées en 2014-2015-2016 montrent que notre agglomération est la seule de France où le temps perdu dans les bouchons n’a cessé d’augmenter.

Or la vie du commerce est liée à la fluidité de la circulation, à l’accessibilité de la ville, à l’accessibilité aux parkings (couverts et sur rue) car la clientèle extérieure à forte contribution est un facteur de prospérité commerciale.
L’exclusivité accordée au transports en communs au détriment de la voiture qui représente pourtant 59% des déplacements dans l’agglo selon la dernière étude/Ménage de la Métro, a accrédité l’idée que la voiture n’était jamais la bienvenue.
La suppression par les municipalités Destot/Saffar de plus de 2.200 places de stationnement sur la voirie en 10 ans, a été une véritable catastrophe pour les commerçants. L’essentiel des grands parkings datent de la municipalité Carignon d’avant 1995 !

La paupérisation de la ville par le choix de la densification à outrance a aussi des conséquences sur le commerce puisque la clientèle disposant d’un pouvoir d’achat conséquent est de plus en plus minoritaire. Elle est réduite à l’intérieur de la ville et celle de l’extérieur est empêchée d’y pénétrer.
Cela se mesure très clairement avec la disparition des grandes enseignes haut de gamme qui quittent le centre-ville, certaines se maintenant ou s’installant paradoxalement à Grand Place du fait de la proximité des revenus liés à l’économie souterraine, ce qui est un signe inquiétant de la réalité de Grenoble.

Les travaux de la ligne E du Tram étalés sur 5 ans ont été mal gérés et la composante commerce totalement ignorée. Que ce soit en termes de facilités d’accès pendant le chantier, de prise en compte de l’activité lors des nombreux retards ou changements d’option : les commerçants ont assisté impuissants, sans aucun soutien, à leur mort programmée. Le système d’indemnisation mis en place ne correspondait à aucune réalité de terrain, était d’une lenteur et d’une complexité rebutantes. Après 4 ans de travaux moins de 5 commerçants avaient été indemnisés et des dizaines de rideaux étaient tombés. Des indemnisations, mais très peu comparées aux commerces qui avaient fermés, ont été ensuite versées aux liquidateurs judiciaires !
La fermeture des commerces n’a pas concerné seulement le tracé du tram E : toute la ville a été impactée et partout des commerces ont déposé leurs bilans. Dans un désordre et un mépris considérables, la municipalité Destot a effectué des travaux en parallèle du tram dans des rues commerciales déjà difficiles d’accès (les quais, la rue Thiers, Stalingrad…) créant l’irréparable. Au lieu de mettre en place une signalétique rendant le reste de la ville accessible pendant les travaux du tram, elle a aggravé les conséquences des blocages.
Le désastre est total et des centaines de commerces et d’emplois ont été irrémédiablement perdus, des rues autrefois commerciales ont perdu leurs locomotives et dramatiquement baissé en gamme.

Depuis l’arrivée de la municipalité Piolle tout s’est accéléré. Les déclarations et les actes ont produit des effets considérables. L’annonce de la fin des caméras de vidéo protection et l’accueil de toute la misère du monde ont transformé Grenoble en une dangereuse cour des Miracles. L’abandon de l’entretien de la ville et de sa propreté ont donné une image de dégradation qui fait fuir les clients.
Les annonces irresponsables qui se sont succèdées sur la circulation ont été reçues à l’extérieur de la ville comme une incitation à renoncer à se rendre au centre de Grenoble : refus de l’élargissement de A 480, Zone 30 Km/hr de partout, autoroutes à vélo, chasse au stationnement (quai de France, bld Gambetta…), toutes vont dans le même sens.

Résultat de cette politique d’inconscience, en 2014 c’est 104 commerces grenoblois qui ont déposé leur bilan, soit encore + 30% par rapport à 2013 année déjà en forte hausse. En 2015 et 2016, le bilan a été aussi lourd. Actuellement en 2018 près de 630 commerces sont répertoriés disponibles sur le territoire de la commune de Grenoble par la CCI et les agents immobiliers qui n’ont pas la prétention de les avoir tous recensés. Un chiffre ahurissant ! C’est un ratio supérieur aux villes françaises de la même strate que Grenoble.

L’absence d’attractivité et d’accessibilité du centre-ville expliquent ces chiffres qui se traduisent par des pertes d’emplois et un appauvrissement généralisé.

Le consommateur doit redécouvrir la notion “d’achat plaisir”, en lieu et place des courses hebdomadaires vécues comme une corvée. Le maire doit redynamiser des zones qui souffrent d’un sous équipement commercial ou d’une inadaptation de l’offre locale aux nouveaux besoins de la population.

A- La parole des commerçants :

1- Les commerçants ont un rôle déterminant à jouer auprès des clients pour leur expliquer ”la mise à mort des commerces” par la nouvelle municipalité Piolle. Cette action pédagogique est capitale pour fédérer et mobiliser les citoyens à la cause que nous défendons collectivement (niveau d’endettement de la ville, attractivité, accessibilité, propreté, sécurité, etc…).

2- Les commerçants sont dans la logique d’un rapport de force pour tenter d’obtenir des actions visant la survie de leurs commerces auprès du maire. Seule une pression constante et organisée peut permettre de faire infléchir la politique idéologique menée par la municipalité.

Les principaux moyens de pression identifiés par les commerçants sont :

  • Campagne d’affichage sur l’état du commerce grenoblois. Cette campagne permet d’informer les clients et d’afficher la politique menée par la municipalité. Elle permet de marquer les esprits et d’engager la discussion et de partager la réflexion.
  • Mettre en avant les pertes d’emploi directes et indirectes liées à la mauvaise santé du commerce grenoblois.
  • Renforcer la solidarité entre les commerçants de manière à optimiser la pression.

3- Ils conviennent tout naturellement de la nécessité de revenir à une autre image de Grenoble : ville prospère, dynamique, innovante, possédant une clientèle avec un pouvoir d’achat important (avec le retour de marques de qualité et ou de luxe qui ne sont plus présentes sur Grenoble), etc…

B- La parole des clients :

La ville doit renouer avec la notion d’achat plaisir qui de déroule dans une ambiance sereine, sécurisée et conviviale. Pour que ce soit un moment de plaisir, il faut que la ville soit attrayante. Mais si la ville est sale, enlaidie, mal entretenue, si les jardins sont jonchés de bouteilles, si les places sont squattées par des groupes avec des chiens non muselés et en grand nombre, s’il faut être aux aguets, en un mot si la ville est repoussante, alors le moment de plaisir devient un moment de désagrément voire de stress.

Le commerce c’est :

  1. La qualité des enseignes et des produits : ce type de commerce tire globalement cette activité dans son ensemble. Mais il ne vit que des clients les plus aisés, qui n’habitent pas tous au centre et qui doivent se rendre à Grenoble (accessibilité, parkings faciles d’accès et aux prix attractifs, etc.). Il n’existe pas de prospérité sans consommateurs aisés.
  2. Défendre les commerçants, trop souvent considérés à tort comme des nantis, par le biais des créations d’emplois qui découlent de leurs activités.
  3. Parler des artisans et des producteurs de ce qu’ils sont et font quand on  évoque le commerce.

Détail des propositions d’actions

A- Ecouter et construire un dialogue avec les commerçants

La municipalité doit renouer le dialogue avec les commerçants et développer un partenariat actif permettant d’identifier les freins et recenser les besoins. C’est une condition incontournable pour identifier les actions à mettre en œuvre et réintroduire un commerce de proximité dynamique et innovant au niveau de la ville de Grenoble.

B- Assurer la sécurité des commerçants de Grenoble

Le sentiment d’insécurité et les problèmes réels de délits et de dégradations constituent un obstacle majeur pour les commerçants et leurs clients.

La municipalité doit notamment :

  1. Déployer un dispositif de vidéo-protection actif sur toute la ville, relié à un central permettant des interventions rapide et efficace.
  2. Organiser une présence policière (Police Nationale, Gendarmerie Nationale, Police Municipale) permanente.
  3. En partenariat avec la CCI, la CM et la Préfecture, il est indispensable d’initier ou de renforcer un dispositif « d‘alerte commerces » par SMS pour sécuriser les commerces de proximité. Les commerçants qui le souhaitent peuvent alors adhérer à un réseau d’alerte par SMS destiné à les informer dans les meilleurs délais, via les services de la gendarmerie ou de la police nationale, de certains faits de délinquance commis au préjudice d’autres commerces. Il s’agit d’un système d’alerte interactif par SMS qui communique en temps réel et en toute simplicité entre les forces de l’ordre (gendarmerie, police nationale) et les commerçants.
  4. En complément au point 1, il faut réfléchir à des dispositifs d’alerte sur les téléphones portables qui permettraient en cas d’agression d’envoyer un signal de détresse (équipement des commerçants, des médecins, etc…). Mise en place d’un numéro rouge d’alerte de signalement.
  5. Evacuer les personnes en errance et tous les autres publics aux comportements inacceptables qui nuisent à la bonne marche du commerce.
  6. Favoriser la solidarité entre commerçants.
  7. Instaurer une réunion trimestrielle ou semestrielle entre les commerçants et les partenaires du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance.
  8. La ville de Grenoble pourrait organiser et animer un module professionnel « Prévention et sécurité des commerces ».
  9. Prendre des dispositions concrètes et efficaces contre la consommation d’alcool sur la voie publique en appliquant l’arrêté municipal).

C- Renforcer la propreté de la ville

  1.  Augmenter la fréquence de passage des engins de nettoyage.
  2.  Entretenir (réparer) régulièrement les voiries et les trottoirs. Les trottoirs de la ville de Grenoble sont notamment dans un état déplorable et présentent un risque de chute important.
  3.  Implanter en nombre suffisant des sanitaires publics payants et gratuits, et rénover les équipements existants.
  4.  Création d’une « brigade anti tags » en capacité d’intervenir dans les plus brefs délais. Une ville propre inspire davantage le respect. Il faut appliquer la théorie de la « fenêtre cassée ». Cette théorie défend qu’un immeuble rapidement réparé à la suite de bris de vitres subit beaucoup moins de dégradation qu’un appartement jamais réparé. Des techniques diverses et efficaces permettent d’effacer les graffitis tel le nettoyage chimique à l’hydro sablage en passant par la pose d’une bonne couche de peinture. Ce service proposé par la Ville doit être entièrement gratuit pour les commerçants qui sont la ”vitrine” de la ville.
  5.  Mettre en place un dispositif de traitement des urgences. La mairie peut mettre à disposition un numéro de type « Allo Propreté » permettant de répondre dans les plus brefs délais aux anomalies relevées sur la voie publique.
  6. Verbaliser toutes les formes d’inciviltés. En matière de propreté urbaine, on constate une progression des incivilités (papiers jetés à terre, mégots de cigarette, sacs d’ordures ménagères déposés n’importe où, déjections canines abandonnées sur place, tags, etc…). C’est pourquoi il est urgent d’adopter des mesures de sanctions. Le maire doit prendre des arrêtés dans ce sens. Les agents de la police municipale doivent pouvoir dresser des procès-verbaux pour non-respect des règles de propreté. La verbalisation est un outil contre les gestes inciviques à condition qu’elle soit appliquée à tous.
  7. Création d’une unité de protection de l’environnement assermentée ayant pour missions principales de :
  • Sensibiliser la population au respect de l’environnement.
  • Sanctionner (amendes, travaux d’intérêts collectifs, etc…) des comportements inacceptables ou des incivilités (crachats, mégots de cigarette, déjections de chien, etc…).

D- Organiser un plan de déplacement urbain favorable au commerce

L’accessibilité urbaine fait partie des critères essentiels d’attraction de la clientèle vers les commerces de centre-ville. Le client cherche avant tout à gagner du temps dans ses achats, sans contrainte de circulation et de stationnement.

Plusieurs critères doivent être pris en compte dans le plan de déplacement urbain, sur lesquels la municipalité peut agir :

1Rendre Grenoble accessible et moins “embouteillée” (contournement de Grenoble, élargissement de l’A480, achèvement de Grenoble Sisteron…).

2Favoriser le stationnement par la création de grands parkings éventuellement confiés au privé, rétablissement de la norme d’une place et demie de stationnement par logement construit (abaissée à 0,8 aujourd’hui voire moins pour certains nouveaux projets immobiliers: Esplanade, Presqu’Ile) et renoncer à doubler le tarif des non-résidents dans certaines circonstances.

3–  Solutionner les problèmes d’accès à la ville et aux commerces et les questions de stationnement en parallèle à toute création de voie cyclable

4Création de nombreuses places de stationnement sur voirie permettant aux habitants des communes avoisinantes de stationner dans la ville. Des études démontrent que pour les usages du commerce, il faut une disponibilité permanente de 10 à 20% des places de stationnement pour assurer la rotation des véhicules.

5Adapter les tarifs de stationnement appliqués actuellement par la municipalité qui sont trop élevés et créer des gratuités d’appel pour les parkings.

6Mise en place d’un ticket unique permettant aux habitants d’emprunter tout type de transport (bus, tramway, métro, vélo en libre-service).

7Disponibilité de cartes de parkings proposées par le commerçant à ses clients.

8Mise en place de plus de parkings-relais pour remédier à l’engorgement du trafic automobile en centre-ville. Ces parkings-relais peuvent prévoir un système d’abonnement réservé aux usagers.

E- Adapter l’aménagement urbain

1- L’aménagement de l’espace urbain doit permettre d’améliorer l’attractivité des commerces de la ville. Le maire peut notamment agir sur :

  • La qualité et la commodité des espaces publics.
  • La qualité du bâti.
  • La qualité des devantures commerciales.
  • La qualité du mobilier urbain.
  • La valorisation des équipements.
  • La gestion et la rénovation du patrimoine.

2- Mener une réflexion sur l’utilisation du droit de préemption commerciale qui s’applique notamment aux fonds de commerce et aux baux commerciaux. Cette opportunité peut favoriser la revitalisation commerciale d’un quartier ou d’une rue.

F- Eviter les friches commerciales

Les friches commerciales sont un phénomène symptomatique du délitement des commerces en particulier au centre-ville mais pas seulement. Elles font état d’un vide commercial progressif de certaines rues, donnant aux passants un sentiment d’abandon pénalisant de fait l’attractivité du centre-ville. Les devantures de ces espaces sont particulièrement occupées par les SDF.

Pour éviter l’émergence de ce phénomène, la mairie doit jouer un rôle de prévention pour identifier les commerces vides ou en fin d’activité. Elle dispose par ailleurs de plusieurs outils pour lutter contre les friches commerciales identifiées.

G- Habiller les vitrines vides

Le phénomène des “vitrines abandonnées” accentue l’impression de déliquescence d’une rue vidée en partie de ses commerces. Cet aspect extérieur peut porter atteinte aux intérêts des commerces avoisinants (image de marque).

Dans l’attente d’un repreneur, une solution pour la municipalité est de couvrir les vitrines vides par des “vitrophanies”. Effectivement, la ville peut utiliser ainsi ces espaces vides comme espaces de décoration ou de promotion des évènements de la ville ou de son histoire (photographies, citations, dessins…).

H- Freiner le développement des pôles périphériques.

L’objectif est de ne pas accroître le fossé avec le centre-ville. Pour conserver une attractivité au centre-ville, il faut mener une politique concertée et raisonnable de l’installation des grandes surfaces en périphérie immédiate de Grenoble. Les grandes et moyennes surfaces continuent de grignoter des mètres carrés. Elles se développent parfois plus vite que la démographie. Or les parts du gâteau à se partager sont de plus en plus petites puisque le pouvoir d’achat n’augmente pas, bien au contraire selon les derniers indices de l’INSEE il diminue. Il existe une concurrence déloyale entre les grandes surfaces et les centres commerciaux et les commerces de proximité du centre-ville en termes de tarification mais également d’accessibilité et de stationnement gratuit. A cet égard l’autorisation donnée par les élus de l’agglomération  aux 24 000 M2 de surfaces commerciales aux portes de Grenoble (SMH Neyrpic) est une catastrophe à venir.

I- Inclure le tourisme et les congrès dans la redynamisation du commerce du centre-ville

Le tourisme et les congrès sont extrêmement positifs pour le commerce. Le commerce et le tourisme entretiennent en effet des liens étroits de par leur interdépendance : le dynamisme touristique d’une ville est ainsi souvent alimenté par son patrimoine commercial (spécialités locales, grands magasins, marchés couverts…), et à l’inverse, le tourisme nourrit l’activité commerciale par son émulation naturelle.

Grenoble a beaucoup reculé dans ce domaine comme dans celui des grands congrès. L’obsolescence de ses outils en fait une ville à la traine.

Pourtant ses atouts sont nombreux au plan industriel, scientifique, culturel et même de son patrimoine.

La municipalité doit renouer avec la recherche de congrès en s’appuyant systématiquement sur les acteurs locaux en capacité de faire venir un congrès à Grenoble. Le Maire doit se transformer en VRP de la ville en rencontrant tous les opérateurs nationaux susceptibles de tenir congrès à Grenoble.

Au plan touristique Grenoble doit mettre en valeur son environnement montagnard exceptionnel. Il faut aussi imaginer des produits culturels permettant d’attirer des visiteurs ce qui sous-tend de renforcer les expositions du Musée de Peinture, de mettre en valeur les fouilles de Notre Dame et de s’appuyer sur le Musée Dauphinois et la programmation de MC2.

J- Mener une politique fiscale adaptée et incitative.

Un autre outil à disposition du maire peut être la fiscalité locale : pour lutter contre l’inexploitation de locaux commerciaux, la taxe sur les friches commerciales peut être une solution efficace. Dans une ville qui est la première de France pour le taux de Taxe Foncière, La municipalité devrait adapter les tarifs des taxes foncières des commerçants pour tenir compte de la dégradation et de la baisse de la valeur des fonds.

K- Maîtriser les coûts des baux commerciaux

Pour de nombreux commerçants, l’inflation des baux commerciaux alors que la situation de la vile se dégrade rend leur survie préoccupante. La ville de Grenoble pourrait œuvrer avec les partenaires compétents pour obtenir une modération des hausses lors des renouvellements, sans pour autant léser les intérêts légitimes des bailleurs. Ces derniers ne seraient pas perdants car alors les locations seront pérennisées et donc plus rentables.

Une solution pourrait consister à plafonner les augmentations en fonction d’un indice composite prenant en compte différents facteurs qui tiennent à la situation économique de Grenoble à l’image de ce qui existe pour les logements avec l’indice de référence des loyers.

L- Favoriser la transmission des commerces

La transmission des commerces est un enjeu essentiel de dynamisation du centre-ville : de nombreux locaux commerciaux sont aujourd’hui laissés en déshérence faute de repreneur, par manque d’information mais aussi de formation et d’accompagnement des commerçants à la cession et la reprise d’activité. La mairie peut remplir ce rôle en partenariat avec les agences immobilières et les porteurs de projets, et en lien étroit avec la CCI et la CM, dont l’accompagnement des entreprises à la transmission est une des missions.

M- Missionner un “chargé du commerce” de la ville de Grenoble

Pour intégrer les commerçants dans l’action et les projets municipaux, la mairie peut mandater et former un chargé du commerce, qui aura pour principales missions :

  • Rencontrer les commerçants.
  • Définir un plan d’actions stratégiques pour le développement du commerce :
  • Identification des locaux vacants et des commerces à céder.
  • Promotion et communication du centre-ville.
  • Encadrement des mutations commerciales.
  • Politiques collectives d’animation et de promotion (développement d’enseignes…).
  • Développer des projets pour l’animation et le dynamisme du commerce de centre-ville.
  • Promouvoir le commerce et l’artisanat auprès des acteurs publics et privés.
  • Encourager les investisseurs et les créations de commerce.
  • Donner des raisons objectives aux usagers de réaliser leurs achats sur son territoire.
  • Coordonner l’action de tous (élus, commerçants, partenaires financiers, chambres consulaires…) autour d’une stratégie commune et partagée.
  • Conseiller les acteurs économiques et institutionnels locaux et développer des partenariats financiers.
  • Réfléchir sur l’accessibilité, le stationnement, le plan de circulation, la voirie, l’aménagement urbain, la sécurité…).

N- Favoriser le tutorat entre commerçants expérimentés et débutants

La mairie en partenariat avec la CCI et la CM pourrait favoriser ce rapprochement permettant de partager des bonnes pratiques, des expériences et éviter des erreurs pouvant mettre en péril un commerce. Les tuteurs pourraient par exemple exposer les méthodes de contrôle de gestion permettant de faire la chasse aux coûts mal maîtrisé (frais bancaires, téléphonie, énergie, etc.) pouvant aboutir sur des pertes de parts de compétitivité et de rentabilité substantielle.

O- Promouvoir et renforcer les associations de commerçants

Pour un commerçant, adhérer à une association lui permet de s’insérer dans une démarche collaborative pour exprimer ses besoins mais aussi être force de proposition auprès de la municipalité.

Les associations de commerçants ou unions commerciales ont en effet plusieurs rôles : Fédérer et représenter les commerçants autour d’objectifs communs pour parler d’une même voix et être entendu des pouvoirs locaux. Être une force d’actions pour attirer et fidéliser les consommateurs, et développer l’activité commerciale (animations, carte de fidélité, chèques cadeaux, guide des commerces, labels, chartes, horaires d’ouvertures adaptés et harmonisés…). Être une force de propositions pour adapter les politiques urbaines au commerce de centre-ville. La municipalité devrait s’engager à les consulter avant toute décision concernant leur secteur géographique. Les exemples récents des assises du commerce pendant lesquelles toutes les décisions nuisibles à l’activité commerciale étaient prise sont le contre-exemple auquel il faut mettre fin.

P- Institutionnaliser une réunion publique sur le commerce, coordonnée par la ville de Grenoble

Pour que le commerce soit pleinement reconnu comme partie prenante de l’urbanisme et de la gestion communale, il est utile qu’il donne lieu à débat, écoute et concertation mutuelle. Les représentants du commerce doivent être associés aux décisions concernant l’urbanisme : les options choisies en la matière ces dernières années par la ville n’ont aucunement tenu compte de la survie des commerces existants. Des concurrences artificielles ont été créées ne permettant pas au nouveaux de vivre et achevant les anciens. Des centres commerciaux ont été créés avec des quartiers nouveaux dont la zone de chalandise dépassait largement le territoire concerné mettant en péril des commerces existants. Il convient de mettre fin à ces incohérences.

Q- Animer des quartiers

En matière d’animation commerciale, les actions possibles à l’échelle de la commune sont multiples et peuvent impliquer une pluralité d’acteurs locaux :

  • Jeux concours pour les fêtes (Noël, Fête des mères, Saint-Valentin…)
  • Evènements spécifiques (fête des fleurs au printemps, fête du Beaujolais, fête de la Gastronomie, semaine du goût…)
  • Quinzaine commerciale.
  • Ouvertures nocturnes.
  • Concours de vitrines.
  • Guide des commerces.

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