“LE DAUPHINE LIBERE”: LA MOBILISATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE NE FAIT QUE COMMENCER

“LE DAUPHINE LIBERE”: LA MOBILISATION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE NE FAIT QUE COMMENCER

Le fort mouvement engendré par notre collectif ne peut pas échapper aux observateurs attentifs. Après la presse nationale qui a traité de ce phénomène inédit de la mobilisation de citoyens en faveur de l’alternance dans leur ville, le ” Dauphiné” dans son édition nationale du 7 décembre, l’analyse sous la plume d’Eve Moulinier.

Les engagements dans la liste de la société civile avec les citoyens s’accumulent. Nous débattons dans tous les quartiers sans exception à la rencontre des habitants pour que toutes les couches et toutes les catégories se retrouvent dans ce collectif. Il est en train d’ébranler les partisans de l’immobilisme. La journaliste reconnait la ” ténacité ” d’Alain Carignon tandis que sa sincérité et son authenticité apparaissent entre les lignes.

Chaque jour qui passe installe ” le match” Carignon/Piolle” dont la finale aura lieu dans 15 mois maintenant.
D’ici là il nous reste à continuer à faire partager notre projet innovant à une large majorité de Grenoblois et surtout de le construire avec eux.

Romain Branche

Retrouvez ci dessous l’article paru le 7 /12/ 2018

PAR ÈVE MOULINIER
Ce n’est pas un retour, parce que l’ancien maire de la capitale des Alpes n’est jamais vraiment parti depuis sa condamnation en 1996.
Mais aujourd’hui, les choses se précisent : Alain Carignon devrait être, sauf grosse surprise, candidat aux municipales de 2020 à Grenoble.
Il fut un temps, pas si lointain, où certains élus grenoblois refusaient de prononcer son nom. Il était « l’ancien maire condamné », « celui qui avait amené la honte sur la ville » en étant reconnu coupable de corruption en 1996… Et c’est tout ! Ses nombreuses réalisations durant son “règne” (1983-1995) ou sa carrière de ministre RPR des gouvernements Chirac et Balladur ? Il n’était pas question d’en faire la moindre évocation. Sous peine d’être frappé par la foudre…
Oui, il fut un temps où le nom d’Alain Carignon à Grenoble n’était qu’un vilain gros mot.

Celui qui avait des “méthodes”…
Et ses différentes velléités de retour sur la scène politique locale (les législatives de 2007 notamment), qui ont à chaque fois été couronnées d’insuccès et ont divisé la droite iséroise au point que la fédération de l’UMP 38 fut placée sous tutelle en 2010, n’ont pas arrangé sa réputation. Il restait “celui qui fait perdre son camp”, celui qui avait des “méthodes tordues”, celui qui symbolisait à lui seul une époque politique, celle des “tous pourris”… Mais comme le temps est parfois oublieux, et comme l’homme est tenace, il n’a jamais renoncé. Et voilà que, vingt ans après les menottes et la prison, son nom est à nouveau prononçable et prononcé. Même s’il n’a pas encore tout à fait officialisé sa candidature pour les prochaines municipales, celle ci semble en bonne voie. À moins d’une énorme surprise, Alain Carignon devrait être en lice en 2020. Et hasard (ou pas) de l’histoire, il fera face à l’actuel maire écologiste Éric Piolle, “descendant direct” de ceux qui l’ont fait chuter en 1994-1995 en révélant différentes malversations.

Une revanche sur les Verts ?
« Il est pratiquement certain qu’Alain Carignon a une revanche à prendre sur les Verts, nous confie un observateur extérieur. Son ennemi de toujours, celui qui a provoqué sa mise en examen, Raymond Avrillier, est aussi un des artisans de la victoire de Piolle en 2014. Et si son premier but est de laver son honneur en se faisant réélire, on peut légitimement penser que l’idée de battre un écolo est un challenge qui le galvanise… ». Un argument réfuté par l’intéressé : « Je ne suis motivé que par la réussite de ma ville » et par le groupe qui l’entoure. Car l’homme n’est pas seul. Et ne l’a jamais vraiment été. Autour de lui, en effet, gravitent en cercle rapproché de vrais “fans” : des “anciens” de l’époque qui lui donnent soit du “Alain” soit du “monsieur le ministre”, mais aussi des nouveaux qui n’ont pas peur de le décrire comme “un homme d’avenir et un visionnaire”, malgré ses 69 ans. « Il a une intelligence rare et il a appris de ses erreurs », nous glissent certains de ses proches, toujours prompts à dégainer la liste des derniers soutiens engrangés. Le groupe initial a en effet fini par s’élargir avec le lancement de son mouvement baptisé “La Société Civile avec les Citoyens” et avec une précampagne très active. Les affiches fleurissent dans toute la ville et des forums d’expression (avec collation et goodies offerts à la population) sont organisés au cœur même des quartiers les plus difficiles.

Ses adversaires en grincent d’ailleurs des dents : « Putain, mais il le trouve où ce pognon ? ». À ces interrogations, l’intéressé rétorque presque innocemment : « Mais cela ne coûte presque rien de poser quelques affiches de nos jours, voyons ! »

Pareil quand on lui parle du coût des sites internet, notamment “Grenoble, le changement” dont la façon d’emmailloter les news rappelle le style “Breitbart” de Steve Bannon : « Il s’agit d’une oeuvre collective et bénévole ». Il répète aussi que ceci n’est que le début d’une mobilisation de la Société Civile Grenobloise « qui n’en peut plus de constater à quel point Éric Piolle et l’extrême gauche continuent de dégrader la ville, de la livrer aux délinquants… ».

« Je suis passé par tous les scanners de la justice »
Et pour fédérer les habitants autour de son projet – « qui promet de rendre son attractivité à Grenoble » – il ne s’arrête pas là. Il marche. Il marche beaucoup. Dans toute la cité. Il serre également des mains. Des milliers de mains. « Il va voir les familles, les jeunes sur les terrains de foot. » Personne n’échappe à son attention, voire à sa compassion. Un restaurateur se fait braquer ? C’est chez lui qu’aura lieu sa prochaine réunion publique… Un riverain se plaint de la prochaine autoroute à vélo de la municipalité ? Il aura son soutien appuyé… « Alain Carignon a un sens incroyable du contact. Et comme il est brillant et malin, les gens aiment parler avec lui », nous explique (en secret) un opposant…

Pour autant, son crédo “Société Civile” ne l’empêche pas de rechercher très activement le soutien de sa famille politique, Les Républicains, à laquelle cet ami de Nicolas Sarkozy a toujours été fidèle… Sauf que pour l’instant, rien ne bouge officiellement du côté de la direction du parti, vu que d’autres candidats pourraient peut-être s’avancer…
Du coup ? Au sein de son mouvement, on assure que l’aventure ira jusqu’au bout et on lance sans ambages que « les planètes n’ont jamais été autant alignées, avec un ”Piolle décrédibilisé et détesté”, ”une République en Marche déjà à bout de souffle”, des ”outsiders que personne ne connaît” »…

On balaie aussi d’un revers de la main le passé judiciaire du futur candidat : « Il a purgé sa peine, a été réhabilité et en est ressorti plus fort », lance un de ses soutiens. Alain Carignon, lui, dit : « Je sais que mes adversaires vont essayer de me disqualifier, en ressassant mon passé, histoire de faire oublier qu’ils ont tout raté à Grenoble. Mais
j’ai payé plus que n’importe qui et je n’ai plus rien à cacher. Je suis passé par tous les scanners de la justice. D’autres, en revanche, n’ont jamais rendu de comptes… Ou pas encore. Je n’ai que faire de leur leçon de morale. »

En 1983, son slogan était “Alain  Carignon un homme de dialogue”.
Quel sera celui du printemps 2020 ?

EVE MOULINIER. DL du 07.12.2018

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