“DÉMOLIR CES TROTTOIRS POUR LES REMPLACER PAR DES SURFACES PERMÉABLES” : GILLES MARTY ARCHITECTE GRENOBLOIS

“DÉMOLIR CES TROTTOIRS POUR LES REMPLACER PAR DES SURFACES PERMÉABLES” : GILLES MARTY ARCHITECTE GRENOBLOIS

Gilles MARTY architecte Grenoblois a livré son analyse pertinente sur la politique d’urbanisme d’Éric Piolle. Nous publions son texte afin d’éclairer le débat futur sur les enjeux écologiques de la ville en proie à une bétonisation excessive.

Le collectif de la société civile de son côté, dans le cadre d’une équipe pluridisciplinaire animée par Sharah Bentaleb , architecte  a déjà présenté des projets innovants de rééquilibrage de la ville.

Ainsi par exemple celui de la montagne magique de la Bastille, vitrine de la biodiversité , avec sa ferme modèle, son espace de la Transition qui suscite déjà un énorme intérêt des grenoblois. Projet fédérateur qui comprendrait notamment un restaurant panoramique , l’accès à la montagne par toutes les générations grâce à un nouveau téléphérique Esplanade/Rabot/CHU faisant de cet espace exceptionnel l’un des atouts de la Métropole.

Ci après, Gilles MARTY architecte grenoblois de renom livre une analyse alarmante de la politique de l’urbanisme de l’équipe Piolle.

Il y a plus d’un an, “Grenoble Habitat a assigné au Tribunal de Grande Instance de Grenoble pour 2,3 millions d’euros, les familles de riverains qui ont eu l’outrecuidance d’intenter un recours contre un projet de logements sur le site de l’ancien garage Galtier le long du Cours de la Libération. Après l’ignorance et le mépris, cet organisme de Logement Social a donc fait appel à l’intimidation pour arriver à ses fins. Au-delà du sentiment de révolte que peuvent inspirer de telles pratiques, on constate que le projet Galtier dans son ensemble est parfaitement symptomatique, sur la forme et sur le fond, de tout ce qui se fait aujourd’hui à Grenoble. Il constitue, selon moi, la matrice de toutes les inepties que nous constatons aujourd’hui à Grenoble”

“Reprenons les faits”

Par sa position stratégique, par sa visibilité et par son ampleur, l’opération Galtier, résultant de la destruction d’un garage automobile, aurait dû être une opération urbaine exemplaire en termes de concertation, d’intégration urbaine, d’intelligence architecturale, d’ouverture paysagère et d’innovation environnementale. Ce fut tout l’inverse qui advint…”

“une opération de logements de forte densité”

Au prétexte du mot d’ordre insensé de la « densification urbaine », la ville valida, sans aucune étude urbaine d’ensemble préalable, le Permis de Construire de Grenoble Habitat pour une opération de logements de forte densité et d’une banalité architecturale affligeante, dont la ville de Grenoble semble désormais avoir fait sa marque de fabrique.

Pour que cette opération soit commercialement rentable, il fallut sacrifier une belle maison des années 1930 sur le site de l’opération. Un des rares témoins de l’histoire architecturale art-déco grenobloise du Cours Jean Jaurès disparut comme bien d’autres, sur l’autel de la rentabilité foncière imposée par les promoteurs”. Cette opération, nécessita aussi d’abattre de grands tilleuls de soixante-dix ans d’âge et d’anéantir la biodiversité que le joli jardin de la maison abritait depuis des décennies, créant un havre de verdure en continuité avec les terrains des villas voisines. On se prend à chantonner le refrain de Jacques Dutronc « De grâce, de grâce, Monsieur le promoteur… » qui, depuis soixante ans, n’a malheureusement rien perdu de son actualité à Grenoble.”

“les bulldozers s’empressèrent de raser la maison et le jardin”

Comme des familles de hérissons peuplaient le terrain, les bulldozers s’empressèrent de raser la maison et le jardin dans l’espoir de faire disparaître rapidement toute trace de vie de ces petits mammifères sympathiques. Or, il s’avère que cette espèce animale est protégée par une directive européenne qui en interdit la destruction, le déplacement et en préserve intégralement l’habitat. On ne peut que tirer son chapeau à cette mairie prétendument écologique qui piétine allègrement la réglementation européenne de protection des espèces en danger pour couler du béton à sa guise. On le voit bien, dans cette affaire, tout est mené en dépit du bons sens, suivant des méthodes directives et brutales, assignations, bulldozers, abattage, destruction… habillées d’une parodie de concertation et au mépris de tous les engagements de campagne de nos élus : respect des habitants, participation citoyenne, écologie urbaine, innovation sociale, écoute et enrichissement réciproque, droit des citoyens à co-produire leur environnement… Mais qui se souvient aujourd’hui de ces engagements, tant ils paraissent lointains et hors de propos ?

Devant tant d’incohérence, quelques pensées me sont alors spontanément venues à l’esprit, pour tenter d’élucider, si cela s’avère possible, les ressorts profonds de l’action de nos élus, comme on plongerait dans un puits profond, en essayant simplement de comprendre et d’interpréter ce qui se déroule sous nos yeux à Grenoble depuis quelques temps. Quand j’observe le désert que sont devenus les Boulevard Agutte-Sembat et Edouard Rey, transformés en « tarmacs » de béton et en autoroutes à vélos sans vélos, je me dis que ce vide sidéral, balayé par de forts courants d’air en hiver, ne peut être que la métaphore de ce qui se passe dans la tête de nos élus.

“démolir ces trottoirs pour les remplacer par des surfaces perméable”

Pourquoi, en effet, vouloir rendre le centre-ville tellement accessible si on le vide en même temps de toute son attractivité, de sa substance économique et de sa dynamique commerçante ? Pourquoi abattre les arbres de la Rue Lesdiguières -qu’on déclarera malades pour l’occasion- pour créer de nouveaux couloirs de bus ? Pourquoi doubler l’emprise des trottoirs au centre-ville sans planter un seul arbre et bétonner les sols sur de telles surfaces dans une ville qui bat les records de surchauffe estivale ?

Seule une absence totale de vision prospective et de culture en écologie urbaine peut expliquer de tels égarements. On attend donc avec impatience la prochaine étape qui consistera avec bonheur à démolir ces trottoirs pour les remplacer par des surfaces perméables et y planter de nombreux arbres. Quand j’observe la médiocrité de tout ce qui se construit aujourd’hui à Grenoble, architectures sans qualité dans les quartiers historiques, mobiliers urbains en palettes de bois, espaces urbains sans qualité, espaces verts ridicules, musée des horreurs architecturales sur la presqu’île scientifique… je ne peux m’empêcher de croire que le « laid » fait partie de leur matrice de pensée. Le beau et l’ambitieux dans l’esprit de nos élus, doivent forcément être bourgeois, inutiles et onéreux. Sinon qu’est-ce qui empêcherait d’accompagner ces dizaines de chantiers d’infrastructures urbaines qui paralysent la ville d’une vraie politique d’embellissement ? Tous ces chantiers, tous ces trous me font penser à une ville de Shadocks qui creusent sans qu’aucun Gibi intelligent ne donne sens à tout cela. « Je creuse donc je suis » telle pourrait être leur devise.

“Ils ont donc plus d’un siècle de retard”

Quand je constate qu’à bout d’arguments crédibles, nos élus ne justifient leur politique qu’au travers de chiffres, nombre de logements sociaux à construire, taux de densité urbaine, coûts du foncier, rentabilité de telle ou telle opération, et de gestion de flux, circulation, piétons, vélos, voitures…, je réalise que leur raisonnement est très proche de celui des économistes du XIXème siècle. Ils raisonnent en quantités et en flux alors qu’il faut aujourd’hui penser en termes de qualités et de valeurs. Ils ont donc plus d’un siècle de retard pour penser notre ville, alors même qu’ils sont persuadés d’avoir quelques décennies d’avance. Enfin, quand je vois à quelle vitesse la ville de Grenoble se dégrade du point de vue urbain, patrimonial, commercial et économique, quand je constate que de grandes entreprises préfèrent aujourd’hui s’installer dans des cités régionales aux dynamiques économiques et aux cadres de vie beaucoup plus attrayants, telles Chambéry ou Annecy, quand j’anticipe l’attractivité du Grand Lyon ou du Grand Genève qui se met en place à nos portes, je suis persuadé que nos élus ne voient pas venir la paupérisation urbaine que Grenoble va tôt ou tard subir. Il n’y a désormais que deux sortes de territoires, les « territoires d’enrichissement », comme les surnomme Luc Boltanski, et les territoires d’appauvrissement. Les grenoblois, très fiers de leurs acquis, ne voient pas que dans cette situation territoriale concurrentielle, l’attractivité de leur métropole est fragile et qu’ils risquent de subir dans cinq ou dix ans le sort de Saint-Etienne s’ils restent sur cette trajectoire bornée.”

“l’absence de vision et l’ignorance semblent les guider”

On me dit que ce projet «d’appauvrissement volontaire» correspond à un véritable calcul politique chez eux. Je n’en crois pas un mot. Il existe aujourd’hui tant de manières intelligentes et d’exemples inventifs pour mener une décroissance créative, ingénieuse, audacieuse et respectueuse de l’existant, que ces choix ineptes ne peuvent être justifiés par une aucune vision. C’est plutôt l’absence de vision et l’ignorance qui semblent les guider. J’aurais aimé voir cette belle maison historique art-déco du Cours de la Libération préservée et restaurée pour être réhabilitée en équipement public de quartier, en crèche ou en centre social. J’aurais aimé que la biodiversité paisiblement installée dans son jardin depuis des décennies, hérissons, abeilles, écureuils, plantes rares, grands arbres… soit protégée pour être étendue à d’autres espaces verts de la ville, afin de la faire fructifier et de l’enrichir. J’aurais aimé que des architectures innovantes, exemplaires par leur qualité et leur créativité environnementale, s’installent partout dans Grenoble, laissant libre court à l’invention plutôt qu’aux logiques financières des promoteurs immobiliers. Nous aurions tous aimé que les habitants des quartiers puissent réellement et activement participer à la réinvention de leur environnement. Ils ne demandent que cela et fourmillent d’idées pour faire de cette ville une cité qui respire enfin.

“une ville capable de repenser ses atouts”

Je rêve d’une ville qui ne serait pas refermée sur elle-même, une ville capable de repenser ses atouts, son rôle dans son grand territoire alpin, une ville qui saurait enfin exploiter le potentiel touristique et d’image que lui offre son environnement naturel et paysager exceptionnels.

De l’absurdité de tout ce que j’observe, j’ai alors tiré la seule conclusion qui s’impose : celle que nos élus sont totalement dénués d’une qualité essentielle pour penser la ville et dessiner l’avenir : L’IMAGINATION. L’imagination, cette qualité humaine, qui, depuis toujours, se conjugue si bien avec beauté, connaissance et respect de l’histoire.

Gilles Marty – Juin 2019

GRENOBLE AU TEMPS DU TRAMWAY

GRENOBLE AU TEMPS DU TRAMWAY

Il y a 35 ans les grenoblois choisissaient par référendum le tramway comme mode principal de transport collectif pour l’agglomération. Cette consultation exemplaire, grand moment de démocratie grenobloise avait été promis par l’équipe Carignon pendant sa campagne et a été mise en œuvre tout de suite après.

Cette brève vidéo rappelle cette histoire vraie de la vie municipale. Cette leçon vaut pour aujourd’hui : Grenoble est la ville de l’anticipation et de l’entrée dans le futur. A l’heure de la transition écologique elle ne peut pas seulement répéter les modes de déplacement du passé.

Aujourd’hui c’est encore Alain Carignon avec un nouveau collectif de la société civile grenobloise qui propose aux grenoblois un saut qualitatif afin de rendre exemplaire notre Métropole en matière de mobilités écologiques.
A nouveau par un référendum ? pourquoi pas ?

Pour le collectif : Romain BRANCHE

LE COLLECTIF DE LA SOCIÉTÉ CIVILE S’ENGAGE CONTRE LES ÎLOTS DE CHALEUR.

LE COLLECTIF DE LA SOCIÉTÉ CIVILE S’ENGAGE CONTRE LES ÎLOTS DE CHALEUR.

La course à la bétonisation accentuée par la municipalité Piolle contribue largement au réchauffement par la création d’îlots de chaleur insupportable ;

Le bétonnage des sols d’avenues entières avec un minimum d’arbres au lieu de créer des espaces perméables avec de nombreux arbres aggrave cette tendance

Le collectif de la société civile avec Alain CARIGNON propose, pour endiguer cette situation, des mesures immédiates et des orientations à moyen terme

  • Stopper les projets en cours tels  Flaubert, l’esplanade afin de les réviser.
  • Réaliser un moratoire général de la bétonisation de la ville.
  • Produire avec les grenoblois une analyse des besoins scolaires, en espace verts, de loisirs , sportifs  pour rééquilibrer la Ville.

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Se fixer comme objectif que Grenoble ne soit plus la lanterne rouge des espaces verts par habitant ( moins de 12 M2 aujourd’hui contre 38 M2 à la moyenne des grandes villes. Les Grenoblois ont leur avenir en main, et nous nous engageons devant eux à un rééquilibrage de Grenoble et pour un retour des espaces verts.

Pour le collectif : Romain BRANCHE.